28.8.05

Le cadavre remue encore...

J'ai bien apprécié l'article de Jacques Marseille dans le Point de cette semaine : le modèle social français : autopsie d'un cadavre.

Pour lui, le "modèle" français (plutôt un anti-modèle !) se caractérise historiquement par :
  • un protectionnisme qui remonte au XIXe siècle ;
  • une confiance illimitée en l'Etat - un Etat qui transcende les individus et reçoit d'eux comme une sorte d'onction laïque ;
  • une allergie au risque qu'incarne l'économie dite libérale ;
  • un système scolaire dont la vocation première est de donner à l'Etat les "serviteurs" dont il a besoin.
Marseille ne range pas la Sécu dans les accessoires du modèle français, "tant la nécessité d'une Sécu providence est alors au monde la chose la mieux partagée". Pourtant les autres pays ne sont pas allés aussi loin que nous dans la soviétisation mortifère de la santé... Pas facile d'en trouver des pays où l'on vous vole 55% de votre salaire au nom de votre santé !

Alors que l'opinion publique commence à douter des bienfaits du modèle, on peut entendre crier les partisans (de droite et de gauche) du soi-disant modèle franchouillard : "surtout, ne changez rien !". Et le capitaine du Titanic, garant de nos institutions notre dissolution sociale, ordonne aux musiciens de continuer à jouer leur rengaine pour endormir la foule...

Et comme dirait le chanteur, que je parodie à peine :

et tout ça, ça fait,
d'excellents Français,
d'excellents Soviétiques,
qui vont couler
avec la République...

 

7 commentaires:

roger taher a dit…

J'aimerais juste que vous nous expliquiez en quoi on "vous vole 55% de votre salaire". D'où sortent ces 55% et où est le vol?
Je sais, je suis curieux...
Ensuite exposez nous votre solution car je ne peux me résoudre à croire que votre appel au "sauve qui peut" soit le nouveau modèle de santé que vous préconisiez surtout lorsque le seul argument qui le soutienne est "" (non il n'y a pas de faute de frappe...)
Quant au rêve du "ailleurs c'est vachement mieux", je vous invite à l'expérimenter. Et envoyer nous des nouvelles de temps en temps

roger

Laure Allibert a dit…

Franchement, vous pouviez faire l'effort de parcourir un peu mon site, il y a plus de 100 pages avec beaucoup de réponses :
http://quitter_la_secu.blogspot.com/2005/05/pay-un-jour-sur-trois.html
http://quitter_la_secu.blogspot.com/2004/06/anatomie-de-ma-feuille-de-paye.html

Je n'ai pas de solution à proposer autre que la liberté pour chacun de s'assurer où il veut et comme il veut. Au moins c'est simple, mais c'est en contradiction avec le protectionnisme à la française et l'assistanat généralisé.

"Ailleurs c'est vachement mieux", je n'ai surtout pas dit ça, mais plutôt : il y a des endroits où c'est moins pire. Je n'ai jamais non plus proposé un modèle étranger, car aucun n'est libéral.

roger taher a dit…

Je n'ai pas pour habitude de ruer dans les brancards comme un politicien moyen en retorquant des "euh, toi même d'abord" et sans me documenter un minimum. J'ai lu vos pages sinon je ne me serais pas permis de vous dire que "vos 55% sont bien mal en point" dans un autre commentaire. Mais puisque vous en doutez, voici mes remarques, et je vous invite à me retourner les votres.
Première hérésie du calcul, ici par exemple http://quitter_la_secu.blogspot.com/2004/06/anatomie-de-ma-feuille-de-paye.html
On nous "vole" la part patronale, allez hop! "Si mon patron ne cotisait pas à la secu, il me verserait tout ceci en salaire." Oui, bien sur. Même avec un bel autocollant "Les patrons sont sympas" sur le pare-brise et un petit don lors de la journée "jaimemaboite.com" permettez moi d'en douter.
Deuxième raccourci taillé à la tronconneuse, vous mettez dans le montant du "vol" toutes les retenues taxées de "solidaires" et vous résumez à la fin que c'est la sécu qui vous vole (ce qui laisse sous-entendre "uniquement" donc...). Et vous dites que je confond solidarité et assurance? Pour une bonne idée de "confusions" voir ici http://quitter_la_secu.blogspot.com/2005/05/pay-un-jour-sur-trois.html
ou l'on met pêle-mêle impots fonciers, sur le revenu, la TVA, qui comme chacun sait ne servent qu'à alimenter la sécu (puisque vous utilisez ce calcul pour votre propos) Et on en conclue allégrement que "la sécu nous vole 55% de notre salaire". Mettez aussi la dedans le montant de vos restos, de vos courses au supermarché et vous pourrez monter à 60%. Je vous propose plus simple pour reduire un peu vos impots. Ne consommez plus, la partie "impots cachés" diminuera, gagnez moins et vivez dans une maison moins grande, puisqu'on est dans les conclusions faciles.
La lecture est un peu longue mais je vous invite à faire l'effort de lire cet article (ou on parle aussi du système de santé avec un beau graphique) http://www.manicore.com/documentation/taxe.html
et où l'on voit que "c'est un peu plus compliqué que cela" et que les discussions de comptoir "les fonctionnaires sont tous des feignants", "on paye trop d'impots", "l'ecole coute trop chere"* (par contre l'armée par exemple on n'en parle jamais, l'information serait-elle orientée?) ne sont vraiment pas à leur place dans un milieu dit intellectuel comme ici. Une réforme certes, c'est plus que nécessaire, tout casser comme un anarchiste j'avoue que je ne comprend pas l'intelligence de la chose. Tronquer les chiffres pour revenir à nos moutons, et ainsi tromper (ou alors retrouvez moi vraiment les 55%) les gens comme vous le faites ici, c'est dangereux. A la lecture de votre site je crie donc à la tromperie et au raccourci facile.
Si vous voulez faire avancer le schmilblick ayez des idées de progrès et investissez vous dans la vie sociale, mais arretez la démagogie, les conclusions au 1er degré et la politique du "cassez tout et sauve qui peut"

* Un exemple de service redistribué avec l'ecole: Puisque vous travaillez vous ne pouvez pas garder vos enfants en bas age. Au bas mot pour les faire garder en crèche ou chez la nounou vous dépensez chaque mois 400 euros. Soit 4000 euros par an (enlevons vos vacances). Par contre en maternelle ces frais sont reduits de presqu'autant. Ne serait-il pas puérile alors d'affirmer que l'ecole coute trop chère si dans vos impots on rajoutait une ligne qui vous fasse prendre conscience que tous les ans on vous "vole" 350 euros pour alimenter le service "education" de l'état et de militer pour une ecole privée.
Dans votre calcul "feuille de paye" j'aimerais que vous calculiez ce que l'état vous redistribue concrètement en service de santé. Hopitaux, médecine scolaire, pompiers, scanner etc... Les 55% risquent de se sentir un peu plus mal encore.

FH a dit…

Sieur Taher, ce n'est pas parce certaines institutions semblent bien fonctionner (au détriment desquelles autres, d'ailleurs ?) qu'il faut éclipser de paler du reste, surtout quand l'ensemble montre un constat globalement très négatif.

Rappelons que 55% de notre salaire va à l'état (et si vous n'arrivez pas à faire le calcul vous même, il n'est peut-être pas nécessaire d'aller plus loin), peut-être pas tout dans la poche de la sécu (Laissons aussi à Laure le droit de s'emporter après une guerrilla qui dure aussi longtemps) car il faut bien rembourser les intérêts (oui, que les intérêts) de la dette qui s'élèvent à 65% du PIB en 2005 (vive Mitterand & co).

Quelques chiffres lancés en bloc, facilement vérifiables (cherchez vous même, c'est partout dans la presse, on ne va pas venir vous prédigérer vos bouillies pour bébé, quand même !) montrent un système au bord de la faillite, qui survit grâce à une pression fiscale incroyable (France = N°1 au classement FORBES de la misère sociale), des vaches à lait de classes moyennes qui commencent à avoir un peu mal aux mamelons et des fonds qui continuent encore un peu d'investir pour augmenter la dette.

Jusqu'à quand ?
Quelle entreprise aurait pu tenir jusque-là ?
Un particulier ne va-t-il pas devant un tribunal lorsqu'il est surendetté à plus de 40% ?

Quel est le taux de surendettement d'un état dont le remboursement des intérêts (on se demande quand on remboursera la dette elle-même, dans les 30 prochaines générations ?... dites le à vos gosses, tiens) se fait déjà à hauteur de 65% de ses revenus.
Revenus, d'ailleurs, qui baissent tandis que les dépenses augmentent (au lieu de se modérer...)

Lectures indispensables :
- T. Hobbes, Leviathan
- F. Bastiat, Sophismes économiques
- P. Simmonot, 39 lecons d'éco contemporaine
- M. Rothbart, l'éthique de la liberté ..;

Laure, est-ce que j'en oublie ??

Laure Allibert a dit…

Ces lectures-là sont excellentes. On peut rajouter sans mal Hayek et Mises, sans doute plus ardus...

FH a dit…

J'avoue que j'adore lire les sophismes de Bastiat : simples et directs, comme devraient être les choses de la vie.
Rothbart, ma dernière trouvaille, me fait toujours rêver... de cette liberté perdue.
Simmonot nous offre les solutions aux problèmes courants.
Hobbes était un prophète avec 5 siècles d'avance.

Hayek et Mises ? Oui, c'est plus dur, mais cela apprend beaucoup de choses aussi (Simmonot en fait très bien la synthèse dans son livre).

Tony a dit…

Nous rencontrons souvent dans le domaine de la nutrition La production de NONInutrition exempte de pesticides � lieu dans une partie privil�gi�e de l'�le de Tahiti, sur les hauteurs o� le Noni nutritionse cultive en abondance et donne toute sa force et toute la vigueur d'un fruit sauvage. Le jus, ensuite d�shydrat� et lyophilis� pour une consommation plus facile et tout aussi saine, est effectu� par pression � froid.